jeudi 4 février 2021

LAICITE ET REVISION DE LA LOI 1905 - L’AVIS DE CLAMENCE

 

 


Depuis sa prime enfance, Clamence avait baigné dans l’autosatisfaction protestante d’être le descendant des promoteurs de la loi 1905, loi de séparation de l’Église et de L’État

Sans nier les mérites du professeur Raoul Allier ou de Ferdinand Buisson dans la réalisation de la loi 1905, Clamence pensait qu’il ne faudrait pas tomber dans une forme d’ uchronie

La loi 1905 est le résultat d’une longue histoire commencée au début du XII° siècle (et avant sans doute !) où le musulman Averroès cherchait déjà à séparer les pouvoirs du religieux de ceux des États.

Clamence pensait que dire cela, n’ôtait rien à la participation des protestants dans la réalisation de la loi 1905

 

Pour en venir au projet de révision de la loi en discussion, il formulait les observations suivante:

1)Tout ce qui peut conduire à une auto-censure de l’expression des convictions de chacun doit être bannie à condition que tous, croyants ou libres penseurs,  ne cherchent pas à imposer leur point de vue aux autres – à ce moment de son affirmation, Clamence jugeait utile de rappeler que les Lois de la République s’imposaient à tous

2)Sur le plan des finances, la rigueur comptable concerne tout le monde, associations 1905 ou 1901, à condition d’ajuster les outils à l’importance des ressources. 

3)Pour ce qui est des dons conséquents, sujet qui devrait être jugé sensible pour tout le monde, aucune information ne devrait être cachée.   

4)Les délais d’application de la loi sont beaucoup trop courts (un an !) pour toutes les religions, celles qui sont là depuis toujours et qui toutes se croient vertueuses, celles qui arrivent et que l’on a trop longtemps laissé dans un coin, voire dans un garage désaffecté. 

5)Des événements récents ont bouleversé Clamence comme beaucoup de gens. Entendre que la solution de la balle dans la tête n’est pas retenue que par les activistes de toujours, mais aussi par des amis désemparés, lui semblait insoutenable.Que faire ?

        Que la connaissance scolaire du fait religieux dans l’histoire             des civilisations et des pays étudiés soit à revoir, en toute             neutralité, ne devrait plus être remis à demain.

        Que toutes les religions, maçonneries et cercles de libre                 pensée, enseignent les enfants des convictions que leurs                 parents veulent leur transmettre, à condition que cela ne soit         pas un motif de haine à l’égard de ceux qui ne les partagent             pas, n’est pas contournable. L’ampleur de la tâche devrait             conduire les parents à leur propre mobilisation

 

Clamence savait qu’il était temps qu’il soit en mesure d’expliquer sa position intime à qui voudrait l’entendre, hors des lieux du service public neutralisés.

Selon ses convictions, l’homme, génial ou pas, atteint ses limites dans les actions avec et pour son prochain. Dieu par pur amour de l’humanité l’aide à acquérir les forces nécessaires à son dépassement.

Clamence croyait que les autres religions qui ont pour objectif l’amour du prochain agissaient dans le même sens.

Il estimait que les libres penseurs et les maçons qui croient que l’homme est la mesure de tout et donc sans besoin de Dieu, sont malgré eux, portés par l’amour de Dieu pour l’humanité.

Clamence n’était pas dupe de l’ironie que ses propos généraient, mais il croyait ("la foi du charbonnier") que la Bible était un palimpseste sans cesse réécrit au fil des millénaires pour raconter l’histoire de l’amour de Dieu pour les hommes, jusqu’au sacrifice de son fils unique que plus rien ne peut dépasser. – longue phrase qu’une coupure briserait en mille morceaux inintelligibles -