Les temps que nous vivons sont plus consacrés à la
recherche du leader le plus capable de gagner que de cerner enfin un programme budgetisable.
Je ne cherche plus à être entendu, mais à éviter
les fausses pistes que j’ai longtemps parcourues. Si quelques-uns me lisent, je
pourrais peut-être leur éviter de déconner.
La gauche me semble dans la situation d’une
personne qui voudrait apprendre une langue sans savoir le sens des mots.
Je citerai ZUN ZI, Général
Chinois du VI° siècle avant JC et jamais démenti
« Qui connaît l’autre et se
connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril.
Qui ne connaît pas l’autre mais
se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite.
Qui ne connaît ni l’autre ni
lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles.“
Attaquons le dur…
résumé d’un article de l’anthropologue Paul Jorion
«La Dette et la Gauche »(9/06/2021) – L’auteur a une piètre opinion de mes
capacités à comprendre sa pensée, aussi ne vous privez pas dans la formulation
de vos objections
Pour rendre les services comme l’éducation, la
police, la justice, la défense des frontières, pour pallier les inégalités intolérables
, pour venir en aide aux plus démunis, l’Etat a besoin d’un BUDGET (251
Md’€) que les revenus des biens nationaux et l’impôt alimentent.
Assurer les dépenses et investir pour l’avenir
sont les deux tâches de l’Etat. Si le
budget est insuffisant, l’Etat emprunte. Les dépenses constituent LA DETTE
PUBLIQUE (2.739 Md’€)
Comme l’Etat a des rentrées
permanentes, la dette arrivée à échéance est remboursée grâce à un emprunt du
même montant.
De ce fait, le coût total de la
dette est secondaire, seul le chiffre du SERVICE DE LA DETTE (33,2 Md’€
soit 13 % du budget) constitué de la somme
des intérêts (29,7 Md€) et des frais bancaires (3,5 Md€, soit 11,8% du
montant des intérêts) est essentiel . Il doit rester bas, d’autant plus que le
montant absolu de la dette est élevé. Noter que le taux moyen de la dette est
appelé COUPON
Un Etat peut-il se débarrasser de
sa dette par l’INFLATION en laissant se dévaluer sa monnaie ?
Pour l’Etat demandeur sur le
marché international des capitaux, son coût du SERVICE DE LA DETTE va augmenter
et donc peser au niveau du BUDGET.
Avec des taux d’intérêt négatifs,
le souci de l’Etat est réduit mais il doit s’inquiéter de toute hausse possible
Quel est le mécanisme de la
hausse ou de la baisse des taux d’intérêts ?
L’inflation pousse à la hausse des taux pour récupérer l’érosion
monétaire, mais dans le contexte international, les vœux des prêteurs sont
insuffisants à déterminer le taux d’intérêts, sans cela il n’y aurait pas de
taux négatifs.
Deux autres facteurs agissent dans la dette publique et la dette privée.
1° Pour la dette publique
on a vu qu’il s’agissait du taux d’intérêt réclamé de l’Etat pour la
dette qu’il émet.
2° Pour la dette privée,
il s’agit de la part ponctionnée sur les gains qu’auront permis les avances
consenties à l’économie sous forme de prêts
Le taux final qui prévaut est la
résultante de deux forces qui s’exercent dans deux lieux distincts, marché
des capitaux et économie.
De plus ces deux forces agissent en sens
opposés
1) Réclamations des emprunteurs
privés, si l’économie se porte bien
2) Réclamations de l’Etat
emprunteur d’une prime de risque si l’économie va mal, si les intérêts ne
sont pas versés ou si les sommes empruntées ne sont pas remboursées
Le niveau unique des taux, implique une spirale
récessioniste (baisse continue de la croissance qui s’accentue ou se
maintient elle-même)
1) Si le marché des capitaux
soupçonne les autorités monétaires de mal gérer une économie en difficultés,
l’Etat verra le taux d’intérêt de ses dettes grimper au point de ne plus
permettre d’emprunter à des taux souhaitables
2) Si l’économie est en bonne
santé, le crédit se souvient aussitôt que les intérêts représentaient
autrefois « la part » dans le système du métayage, (moitié/moitié)
assurait un partage équitable de la chance comme du risque
Ce qui vient d’être dit, montre que la Gauche
ignore le mécanisme décrit et se représente la question comme un combat
titanesque entre les forces du bien « elle » et les forces du mal
« Les Marchés »
La détermination devant faire comprendre aux
« marchés »imaginés comme une clique de capitalistes enfoncés dans
des fauteuils en cuir qu’il faut impressionner et mettre au pas
La vérité est dans le mécanisme subtil qui lie la
dette publique au montant des impôts, au statut des de la devise nationale par
rapport aux autres devises et au taux d’intérêts. Toucher à l’un de ses trois
facteurs aura pour conséquence un effet de rééquilibrage spontané
Le remboursement de la dette ?
Deux moyens existent pour l’Etat: réduire les
dépenses et augmenter les rentrées
Réduire les dépenses a pour nom l’»austérité»,
en affectant le pouvoir d’achat, l’austérité est un moyen sûr de tuer
l’économie
Rappels de base quant au fonctionnement de l’Etat
La croissance est une hausse du Produit Intérieur
Brut qui est la somme des valeurs ajoutées, c’est-à-dire le profit que seuls
les industriels et les marchands font à leur profit
La richesse se génère davantage à partir du
capital et de moins en moins à partir du travail. Les robots, logiciels et
algorithmes sont invisibles comme agents dans la comptabilité. Les gains
constants de la machine se reflètent dans les dividendes. La comptabilité pour
rendre visible cette plus-value pourrait être taxée (taxe Simondi –
1773/1842)
Quand il s’agit de rétablir un équilibre entre les
contributions insuffisantes des générations présentes à l’impôt par rapport à
celles excessives exigées par anticipation des générations futures, il est
indispensable de ponctionner le patrimoine existant
Dans le passé la gauche n’a pas hésité à affirmer
qu’il fallait participer à la solidarité l’argent où il se trouve, rééquilibrer
les rapports entre générations et entre classes sociales
Le nœud du problème est la concentration de la richesse,
en termes de flux (salaires extravagants, intérêts et dividendes) et de stock (capital
accumulé).