Comme dirait Jeanneney, regarder le gaullisme est, un coup d’œil sur l’Histoire, recul vers une période passée ou, comme aurait dit Racine, vers un pays éloigné.
De Gaulle in situ, dans la guerre 39/45, fascinera toujours Clamence par la disproportion entre ses moyens et ses réalisations. Il empêcha la France d’être dans le camp des vaincus où elle aurait mérité d’être et il lui évita une guerre civile en 1945 – Rien que pour cela, Clamence lui pardonnait le très mauvais abandon des populations pieds-noirs et des harkis en 1962.
La dissuasion voulue par de Gaulle ne lui avait jamais semblé une stupidité.
Clamence ne suivrait pas la position jugulaire/jugulaire de la revue des anciens polytechniciens où raisonner semble un crime comme au temps où des promotions entières se sentaient une vocation pour rejoindre l’École de Guerre (quel affreux oxymore !)
Il faut cependant tenter d’y voir clair dans la période de la guerre froide (1947/1991)
Jamais l’un des deux Grands n’est parvenu à se trouver en position de pouvoir détruire le potentiel militaire de l’autre et donc de rompre l’équilibre sur lequel repose la dissuasion nucléaire réciproque – Ce fait a augmenté le nombre des partisans de la Dissuasion, sans cependant, effacer les risques d’accidents et son coût faramineux pour la France.
Depuis la fin de la guerre froide, le nombre des détenteurs de l’arme atomique, dissuasive ou tactique, avouée ou pas, ne cesse de grandir, aussi Clamence ne voyais pas de raison de renoncer à l'arme de la Dissuasion, sans pour autant,comprendre quelle autre voie pourrait être suivie pour sortir du «merdier» !
Venons-en aux ingérences informatiques russes dans les
élections présidentielles américaines et dans le Brexit. Clamence n’y voyait que des
histoires de pieds nickelés et il s’en excusait auprès de ceux qui détiennent
des infos plus fiables que les siennes – Il n’avait aucune honte à avouer ne
pas prendre ces histoires au sérieux -
Pour achever son brûlot, Clamence allait parler du Sahel, du passage de Suwałki et de la francophonie
Pour le Sahel, nous sommes dans une guerre sans doute nécessaire, mais qui n’en est pas moins une guerre perdue d’avance comme toutes celles livrées par l’Occident depuis 1945.
Néanmoins, face à des organisations où l’islam n’est qu’un alibi (pour Boko Haram c’est encore plus visible ! ) la réponse militaire s’impose et ce qui a été fait, était juste.
Ensuite, il faut regretter que l’aspect économicopolitique des situations n’ait jamais été traité, nous sommes dans ces pays comme du temps de la colonisation. Nous y exploitons des richesses naturelles dans des conditions indignes du respect de la nature et nous y promouvons les cultures qui nous conviennent sans prendre en compte les besoins locaux, nous traitons avec des partenaires délinquants dans les conditions du pire néocapitalisme et cela depuis toujours, gouvernements de droite et de gauche confondus.
Qui devrait s’étonner de la haine des peuples à notre égard ?
Le passage de Suwałki, c’est entre Kaliningrad et la Biélorussie, c’est par là que les Russes couperont les Pays Baltes de l’EU – Clamence l’avait vu de ses yeux, il est balisé par les Russes.
La Russie n'est pas prête à être une grande puissance à l’égal de
la Chine ou des USA et le discours de Gorbatchev du 6
juillet 1989 dans lequel il précisait son idée de "maison commune
européenne" semblait être toujours d’actualité pour Clamence.
L’EU a une très longue frontière avec la Russie et partout il y a des endroits où de vieux conflits reprennent vie. Avoir des rapports de force y compris avec une arme de dissuasion, devrait permettre un accord diplomatique baissant la tension et les dépenses en armes tactiques d’un coût démesuré pour des économies qui veulent se moderniser. Le tueur Poutine et son successeur à venir, devraient saisir cette chance.
Reste la Francophonie – Les moins fous des Anglais saisissent tout l’intérêt de leur langue parlée partout dans le monde. Pourquoi n’aurions-nous pas un Common Wells francophone ? Sur ce point, Clamence plussoyait ceux qui avait à cœur de soutenir cette la position.
Excusez ces propos trop longs, mais on ne parle longtemps que de ce que l’on ne connait pas….


