Clamence aurait voulu convaincre son jeune interlocuteur qui se destine au métier de journaliste politique, que l’incroyable période de 76 ans de paix sur le territoire métropolitain ne devait rien, ni au hasard, ni à la bonne volonté des gens, mais à des rapports de forces militaro-diplomatiques.
*Aujourd’hui les forces militaires françaises sont en conflit ouvert ou quasi-ouvert avec la Turquie (défense du territoire grec, présence au Haut-Karabagh, présence auprès des kurdes dans le nord de la Syrie) et le rapport des forces conventionnelles ne sont pas en notre faveur.
*La situation sur le passage de Suwalki (104 kms) sur les territoires polonais et lituaniens, joignant l’oblast russe de Kaliningrad à la Biélorussie, ainsi que celle qui prévaut au Donbass ukrainien ne peuvent pas être effacées de nos préoccupations militaro-diplomatiques – Installation en cours à Kaliningrad de missiles de croisière avec une portée illimitée pour voler sous et autour des radars et intercepteurs de la défense antimissile américaine-
*Enfin la situation au Sahel et le risque terroriste en France qui en découle, devraient nous contraindre à revoir nos relations néocoloniales en matière militaire, politique et économique.
Si Clamence estimait que nos moyens militaires devaient être maintenus au niveau nécessaire (ce qui n’est pas le cas) la diplomatie devrait atténuer la tension avec les Russes et les Turcs.
Pour le Sahel , l’heure d’un dépassement du tout militaire était à envisager et la recherche devait s’ouvrir vers de nouveaux horizons avec la société civile des pays concernés, avec comme objectif d’apporter notre pierre aux Etats protecteurs de leurs populations.
Clamence savait que ces propos ne seraient pas entendus, mais comme il n’y avait pas d’autres moyens sauf à recourir à la magie ou au mensonge, il formulait le souhait qu’un jour….
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire