Clamence estimait que retenir les critiques d’Henri
Sterdyniak, co-auteur du manifeste des économistes
atterrés, ne pouvait pas le classer dans la catégorie des
gens qui roulent pour Macron, accusation formulée à
l'égard de tous ceux qui ne sont pas dans la ligne de la
NUPES, accord électoral des appareils des partis de
gauche et non des militants.
Reprendre les revendications des syndicats et des
mouvements populaires en voulant tout faire en même
temps, sans priorité, sans calendrier, sans regarder
l’équilibre extérieur, ni celui des comptes des entreprises,
conduit dans le mur.
Le plus urgent est d’engager la transition écologique, la
réindustrialisation et la prise de contrôle démocratique
des entreprises par les travailleurs.
Ce qui est mis en avant par la NUPES, c'est autre chose,
c’est le pouvoir d’achat et les retraites, réformes
populaires, mais qui risquent de provoquer une dangereuse
sortie de route du déficit extérieur.
Henri Sterdyniak estimait que les transformations
structurelles permettraient de dégager des marges de
manœuvre pour augmenter progressivement le pouvoir
d’achat des catégories populaires.
Il précisait en outre qu’il fallait modifier les modes de vie
et qu’une baisse du niveau de vie des classes supérieures
serait nécessaire, sans dire comment on fait.
A gauche, on est toujours énigmatique sur le sujet
La NUPES ne cachait pas la contrainte budgétaire et si
certains affirmaient que la dette publique pourrait être
annulée par la BCE, d’autres dont Henri Sterdyniak,
estimaient que c’était une « utopie dangereuse »
Le sol devenait mouvant.
Autre choix, peu compréhensible : la suppression du
quotient familial, soit la défamiliarisation de la fiscalité
dont les conséquences n’ont pas été analysées.
Si la mise en œuvre d’un programme de transition
écologique et social s’impose de façon urgente, un débat
démocratique devrait s’ouvrir, indiquait Henri Sterdyniak
en conclusion.
De son coté Thomas PIKETTY, économiste
incontestablement de gauche, estimait que la signature de
la NUPES, vue sereinement, était moins ambitieuse que les
accords de 1936 et 1981.
Il rappelle au passage que les historiens ne seront pas
tendre avec MACRON et sa suppression de l'ISF.
Le remplacement de la taxe foncière par un impôt
progressif sur le patrimoine net, aiderait les millions de
français des classes populaires et moyennes.
Étendre les droits des salariés dans l'entreprise serait
préférable à la nationalisation des entreprises, version
1981.
En Europe, la droite n'a jamais recherché des
harmonisations sociales et fiscales
Pour les autres aspects de la NUPES, Thomas
PIKETTY dégage en touche, en attendant les échéances
à venir.