Ce qui se produit à gauche dépasse l'entendement d'un militant ordinaire comme moi
Qu'Anne HIDALGO ne trouve pas parmi les militants et sympathisants de gauche les forces nécessaires à une présence honorable dans cette élection présidentielle est effroyable pour un vieux militant de toujours.
Nous avons été victimes d'un hold-up ?
Ce que nous disons n'est peut être plus en phase avec la réalité du temps en mutation accélérée ?
La jeunesse nous a laissé en chemin ?
Les vieux aussi ?
Les militants se font discrets pour demeurer polis....
Comme le désespoir politique m'est inconnu, je reprends les trois dossiers essentiels de Pascal GIRAUD - grand économiste de gauche à l'égal de PIKETTY
Passer par là, c'est conduire un chameau par le chat d'une aiguille
La gauche de gouvernement n'a pas d'autre avenir, c'est la raison qui fait qu'elle réussira malgré ses ennemis et surtout ses amis
Étudiez ce qui suit, il vous en restera des bases utiles à l'avenir quel qu'il soit.
LIBERER LES MOYENS DE L'INVESTISSEMENT PUBLIC PAR LA REPRISE EN MAIN DE LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE
L’outil
monétaire a été soustrait à la volonté du peuple et de ses
représentants. Or nous avons besoin de la puissance de création
monétaire de la banque centrale pour réussir à financer la
reconstruction écologique de notre pays – au moins 80 milliards d’euros
d’investissements publics et privés supplémentaires par an sont requis,
400 milliards pour la zone euro – et pour sortir du piège de la dette
qui sert de prétexte à l’austérité. Cette dernière cristallise
l’ensemble des erreurs à ne pas commettre en termes de politique
macro-économique si nous voulons que l’Europe échappe au piège d’un
scénario déflationniste à la japonaise couplé à une dépendance aux
fossiles qui nous rend vulnérables à une possible inflation tirée par
les matières premières.
Il faut donc restaurer une capacité
d’action de la BCE à financer des dépenses de long terme et d’intérêt
général sous contrôle des pouvoirs élus et des parlements. Cela peut se
faire par différents canaux : le développement des banques publiques
d’investissement, la création monétaire libre et ciblée ou bien la
conversion de dettes publiques détenues par la banque centrale en
investissements écologiques et, plus globalement, une remise à plat de
la politique monétaire de la BCE ainsi que de l’Union Bancaire
Européenne qui, aujourd’hui, ne protège pas les contribuables européens
des risques de prochain krach financier. Je propose également une
redéfinition de la gouvernance monétaire, de telle sorte que la monnaie
soit administrée comme un commun par un “Parlement du crédit et de la
monnaie” qui associe l’ensemble des parties prenantes (État, Parlement,
CESE, collectivités, syndicats, ONGs) d’abord dans le cadre de la France
puis à l’échelle de l’Union européenne.
LANCER UNE SUITE NUMERIQUE EUROPEENNE,SECURISEE ET FACILE D'UTILISATION
Un outil fiable, ergonomique, sécurisé et franco-européen pour la bureautique publique, personnelle ou privée.
Il
est aujourd’hui difficile de se passer des outils collaboratifs
proposés par les géants américains (suite Office, Google Drive, etc.),
car ils sont très largement utilisés dans les entreprises, les écoles et
l’administration en général. Nous n’avons donc ni la maîtrise des
données, ni celle des technologies, ni celle des infrastructures
digitales. Pourtant, nous avons en France et en Europe des acteurs qui
proposent des services équivalents, dont certains sont déjà open source
et méritent un soutien public fort pour les rendre disponibles au plus
grand nombre.
Nous devons rassembler ces acteurs nationaux et
européens au sein d’un collectif chargé du développement des outils les
plus utilisés, en commençant par une suite bureautique indépendante,
portée par des infrastructures logicielles et physiques sécurisées afin
de protéger nos données privées et nos données stratégiques.
En
conservant la maîtrise de ces technologies numériques, nous aurons en
outre la possibilité de concevoir des outils écologiques adaptés aux
besoins de notre continent. Les fabricants de matériel numérique seront
également incités à se servir de ces outils par diverses incitations
fiscales. Les appels d’offres publics seront conditionnés à l’usage de
ces outils. Ce sera aussi un moyen, en structurant une filière numérique
digne de ce nom, d’empêcher la fuite de nos cerveaux vers la Silicon
Valley par exemple.
Enfin, cet instrument sera en libre accès dans le reste du monde, promouvant l’universalisme français.
UN NOUVEL IMPOT REELLEMENT PROGRESSIF ET JUSTE EN FAVEUR DES CLASSES MOYENNES
Notre
impôt sur le revenu n’est plus redistributif : de facto, l’écrasante
majorité des contribuables qui acquittent l’impôt sont imposés à hauteur
de 20-21%. Les classes moyennes contribuent donc au moins autant que
les très riches, dont les revenus ont considérablement augmenté au cours
des dernières années.
Les inégalités explosent dans notre pays et
les plus riches font sécession. Le niveau de vie des 1% a augmenté de
6.350 euros annuels en trois ans. Celui des 0,1% de 32.000 euros, tandis
qu’il a explosé pour les 0,01% : +192.000 euros par an, soit
l’équivalent de 13 SMIC. Entre 2009 et 2020, le patrimoine des
milliardaires français a augmenté de 439 %, faisant de la France le
deuxième pays où cet essor a été le plus important après la Chine. Ce
n’est ni juste ni vertueux sur le plan économique puisque le
ruissellement des richesses est une vue de l’esprit. Pendant ce temps,
10 millions de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Je
propose donc le passage à un impôt réellement progressif selon une
formule simple et transparente : l’impôt ABC. Les trois critères A,B et C
doivent être choisis démocratiquement : A correspond au taux
d’imposition maximal que paierait un individu infiniment riche, B
correspond au revenu minimal à partir duquel on paie son premier euro
d’impôt, et C détermine la progressivité du taux d’imposition des
classes moyennes. Plus C est élevé, moins les classes moyennes sont
sollicitées comparativement aux revenus élevés. Avec notre proposition,
l’impôt sur le revenu sera allégé pour les Français dont les revenus
mensuels nets sont inférieurs à 6.000 € (soit 96 % d’entre nous),
légèrement augmenté entre 6.000 et 10.000 €, puis augmentera fortement
au-delà de 10.000 € de revenus nets par mois. Ce ne serait que justice
compte tenu de l’extraordinaire enrichissement des catégories aisées au
cours des deux dernières décennies.
Avec cette formule, et grâce à
la suppression des abattements, non seulement l’impôt est plus lisible
et plus juste, mais notre système fiscal redeviendra excédentaire : il
rapportera davantage à l’État que le barème actuel. Et puisque l’impôt
est au fondement de l’État, je propose que nous fassions adopter par
référendum le principe de l’impôt ABC et de ses trois paramètres.