Dans le JDD de dimanche dernier, Yhasmina KHADRA
faisait le point sur les 60 ans d’indépendance de l’Algérie.
Plein de nostalgie avec un petit espoir au cœur, KHADRA
dresse un tableau à minima, il vit en Algérie et connaît les
risques encourus à parler, alors prudence pour lui.
En juillet 1962, Clamence était à Alger pour la fiesta de
l’indépendance et il savait déjà qu’avant et après, l’enfer
n’était jamais loin.
Pendant la guerre d’indépendance, les « gauchistes » du
FLN avaient supplanté le vieux chef, MESSALI HADJ, qui
était sans doute le seul à pouvoir éviter que le pays ne se
vide de ses pieds noirs, ses juifs, ses arabes et ses
berbères parmi les meilleurs.
Les
chefs FLN, crapuleux, galonnés ou pas, qui ont passé
les années de guerre loin des maquis, ont liquidé ce que
l’armée française n’avait pas tué dans les combats
y compris Abane RAMDANE qui avait la carrure et les
idées d’un chef d’État moderne.
La colonisation et la décolonisation avaient au préalable
éliminé sur le champ de bataille, les élites nécessaires à un
nouvel état. La « bleuite »orchestrée par l’armée
française et subie sans comprendre par AMIROUCHE
(Wilaya III) fut un point d’orgue dans l’assassinat des
jeunes étudiants montés au maquis.
Le meurtre de l’écrivain camusien Mouloud FERAOUN en
mars 1962 par les nazis de l’OAS marquera toute sa vie
CLAMENCE qui l’avait rencontré à de nombreuses reprises.
Un ovni du FLN, Mohameb BOUDIAF, avait voulu arrêter
les dérives mafieuses du régime en place.
Il a tenu moins de 6 mois, avant d’être assassiné.
La guerre civile de la "décennie noire" de 1991 à 2002
avait achevé la perte des élites, plus de 100 journalistes
et hommes de presse y laissèrent la vie.
Ni la fin misérable de l'ignoble BOUTEFLIKA, ni le HIRAK
manifestation répétée chaque semaine sur tout le
pays et pendant des mois, n’ont provoqué les changements
attendus.
Pourquoi certains peuples souffrent autant, avant de
trouver l’apaisement démocratique ?
Malgré son grand age, CLAMENCE voulait une fois encore
en parler avec ses
amis d'Alger, ceux qui ont survécu à tout
et qui croient encore en des jours meilleurs.
Il irait à Belcourt (Belouizdad), là où Camus avait vécu.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire