samedi 19 décembre 2020

03/09/1960 – A LA VEILLE DE SON DEPART POUR MARSEILLE


 La veille de son départ pour Marseille à bord du Sidi-Ferruch, Idir invita Clamence à un pot de départ avec quelques-uns de ses amis kabyles

Clamence se souvenait d’une discussion passionnée sur la Cité « Diar – es – Saada » où nous nous trouvions et qui avait été construite par le génial architecte Fernand Pouillon dans les années 53/55. Ils pensaient que les ennuis de ce dernier avec la justice dans le scandale financier du Comptoir National du Logement, n’étaient pas le fait de ses amis politiques, toujours à cours d’argent, mais des américains de la CIA qui n’appréciaient guère ses réussites pour toute la population en Algérie. Pour eux, cela faisait partie d’une guerre Franco-Américaine en Afrique du Nord qui resterait à écrire, peut-être pour toujours.

 

Tard dans la nuit encore magique d’Alger, Clamence ne parvenait pas à les quitter, certain que ses hommes auraient un autre destin que de demeurer employés de maison. Hélas le destin tragique de l’histoire ne lui permit pas de les revoir, ni de savoir s’ils ont survécu à l’horreur des années 90.

 

Idir lui remit une grande valise à double fond pour y loger les souvenirs de son séjour, il demanda à Clamence de ne pas ouvrir le double fond avant d’être en France, certain qu’il ne risquait rien du fait du transport de cette valise, ni à l’embarquement, ni au cours du voyage et ni au débarquement à Marseille. Clamence le crut, tout se passa bien, mais c’était une imprudence Il l’apprit plus tard, dans d’autres circonstances.

jeudi 17 décembre 2020

17/12/2020 - PS - CLAMENCE VIVAIT LA FIN DES APPARATCHIKS


 Clamence venait de lire les propos tenus par le Premier Secrétaire de sa Fédération Départementale et de la porte-parole de sa Direction Collégiale.

Quand on ne se bat plus que sur l’interprétation des Statuts et du Règlement, c’est que l’on n’est pas loin du fond du tonneau.

Clamence pensait que tous les deux s'étaient trouvées, à la mauvaise place, au mauvais moment. Celui qui était au poste le plus élevé avait sans doute plus de choses à se faire pardonner – of course –

Malgré tout, ce n’était pas le plus important et il allait dire ce qu’il avait sur le cœur depuis trop longtemps, ça ne concernait pas l’équipe en piste et de ce fait il parlerait librement.

Sur les 40 ans et plus, pendant lesquels il avait fréquenté le PS, il avait vu monter la vague des apparatchiks, toujours près à se frayer un chemin au mépris total de l’intérêt collectif.

Pour ces gens-là, le militant était un supplétif bon à tracter, défiler ou à applaudir, au point de ne même plus prendre le temps de les flatter. Dans l’Ouest, la messe dominicale avait été remplacée par les réunions du PS et pendant les longues périodes d’opposition, la gauche grignota des postes utiles où les apparatchiks finirent par se tailler de longues rentes qui permettaient aussi au Parti de rouler sa pelote en toute légalité.

La chute du mur de Berlin n’apprit rien à personne, pas plus que la monté en puissance de la Chine, l’abandon du soutien militaire des USA à l’Europe, l’intelligence artificielle et le Big Data, pas plus que l’islam en croisade – Les savants de gauche faisaient un tour rue Solférino, puis étaient oubliés

Certains apparatchiks allèrent jusqu’à désapprendre que le néo-capitalisme ne pourrait jamais être notre partenaire et que la triangulation était un piège à cons en politique. 

Macron secoua l'arbre aux fruits mûrs et beaucoup d'apparatchiks se mirent en marche vers chez lui, sans état d'âme.

 

Le constat était rude, mais Clamence n’était pas désespéré. Il pensait qu’il serait toujours possible de faire à nouveau aboutir un parti de gauche avec une idéologie du partage, opposée au néolibéralisme, traduite en actions budgétisées avec un suivi accessible à tous.

La culture serait du ressort des premiers secrétaires du Parti, puis du premier ministre.

lundi 14 décembre 2020

14/12/2020 - CLAMENCE ET LES LIVRES

 Clamence avait toujours voué un culte aux livres

Autodidacte inconsolable de ne pas être cultivé, jeune  il avait volé beaucoup de livres (il demandait pardon à Maspero et Gilbert), ensuite il avait aussi acheté beaucoup de livres, plus qu’il ne puisse avoir le temps de lire.

Aujourd’hui, il tentait de ne pas trop céder aux avis des critiques des quotidiens et des mensuels qui devaient trouver chaque semaine le livre de l’année – pitoyables gesticulations ! –

Pour les meilleures nouveautés – Il y en avait ! - Clamence tirait de leur lecture de brèves notes pour inciter à l’achat les clients d’une librairie-café bretonne indispensable à la vie de son village breton.

Il rédigeait aussi des papiers sur ce qu’il extrayait de sa bibliothèque personnelle et qu’il allait conserver dans la partie « utile » de celle-ci.- Il en resterait quelques-uns !

Que faire des autres livres ?

Il y avait ceux qu'il ne relirai jamais, mais qui avaient droit à une autre chance au Secours Populaire. Il y avait aussi ceux pour le pilon, écrits par des politiques ou qui relevaient de l’économie et qui ne résistaient pas à l’épreuve du temps –

Quelques exceptions immortelles - la poésie - la Série Noire, surtout la plus vieille ( Gallimard) - les livres sur le cinéma et les arts plastiques -

Clamence avait eu la chance de croiser un livre de Johann CHAPOUTOT « Libre d’Obéir » (nrf essais - Gallimard 2020)

Cet ouvrage traite du passage, sans le moindre état d’âme de Reinhard HÖHN, de l’École de Management  au service du III° Reich à celui de la République Fédérale Allemande et du néo-libéralisme.

Résumé en une formule - il s’agit d’enseigner que l’objectif doit être atteint sans autre prise en compte que la réalisation du dit-objectif, la manipulation et le crime ne sont que des outils comme les autres, à condition de ne pas se faire prendre.

Ceux qui veulent une société de gauche devraient garder cet ouvrage dans la partie «utile» de leur bibliothèque – de plus, il est bien écrit et accessible à tous -

lundi 7 décembre 2020

7 décembre 2020 – L’IMAGE, LES RESEAUX SOCIAUX LES MANIFS ET LES FLICS


Clamence ne comprenait pas pourquoi les Familles, l’Éducation Nationale, les Services Sociaux, le Monde Associatif en direction de Jeunes ne se saisissaient pas d'un sujet qui leur revenait.

Frileux à l’égard de l’Etat qui se ferait fusiller s’il envisageait la moindre censure des Réseaux Sociaux, chacun regardait ailleurs.

Prendre la grave initiative de retransmettre sur les réseaux sociaux des photos de policiers « en action »sans savoir s’il ne s’agit pas d’un montage qui peut conduire à favoriser des crimes ou des actes de justice par soi-même ce qui n’est guère mieux, doit être appris de bonne heure.

L’apprentissage dès le moment où les enfants savent utiliser un smartphone est à réaliser, les graves peines encourues à l’image de celles écrites jadis sur les billets de banque pour dissuader les faussaires, devraient faire partie de l’initiation

Clamence n’oubliait pas qu’il restait à savoir comment communiquer à la Justice les photos qui peuvent être utiles à la mise en lumière de dérives policières, sans être censuré par ladite police. La question se posait pour toutes les dérives corporatistes qui hélas auto protègent beaucoup de groupes sociaux.

Une loi ? Un nouvel organisme ? Tout ça finit dans un marais, vite oublié…

Pourquoi ne pas militer pour des ONG qui ont fait leurs preuves dans chaque domaine concerné ?

Demain , retour à Alger….

 

dimanche 6 décembre 2020

06/12/2020 - ISLAM RADICAL


 Clamence estimait avoir eu peu d’occasions de contester les positions d’Olivier Faure, mais ce qu’il avait dit à Libé le 2 décembre sur les musulmans radicalisés était bien faible, bien vertical, bien inutile et surtout inhabituel.

Il considérait que la nécessité de la lutte policière et militaire contre cet ennemi ne pouvait être contestée.L'oublier c'était le risque de prendre une voie sans issue.

 

Si les opérations « Homo » (exécutions ciblées avec la signature du Président de la République) avaient, en France et dans les pays protégés, de vrais résultats, il n’en était pas de même pour l’infiltration des groupe violents sur le territoire

Depuis onze ans (10/10/2009 Poitiers) la pénétration des groupuscules violents (1.000 gus en France) ne semblait pas avoir progressé ou alors on se les gardait au chaud pour des effets médiatiques ponctuels – Clamence  pensait à cette seconde hypothèse et que pour cela, il estimait que la démocratie reculait.

 

Sur une situation économico-sociale à la dérive dans les "quartiers", la greffe de la drogue et celle du phantasme religieux le plus radical ne pouvaient que prendre.

La médiocrité mafieuse des « représentations » par pays d’origine, plus à la dérive les uns que les autres, méritait leur mise sur le côté – Ceci semble acquis pour Clamence, reste l’économico-social, domaine où ses propositions ne manquaient pas

*Recrutement d'agents ou concierges par grand immeuble, parlant la langue de ses habitants

*Fin du décrochage scolaire y compris si la fréquentation des établissements s'est maintenue en façade – renforts des effectifs

*Fin du Cash prévu en 2022. Si les difficultés générées par ce saut technologique ne repoussent pas sa date d’application, les distributeurs de drogue pourraient souffrir, leur job disparaissant ou devenant transparent.

* Poursuite de la diminution de la densité des grands ensembles, pour remplacer les espaces dégagés par des lieux de formation, de culture, de sport et d’entreprises

 

Clamence pensa qu’un jour la drogue et la religion musulmane dans sa version assassine, disparaitraient comme le COVID-19, mais ce ne serait pas sans effort.

Il trouva qu’il avait assez écrit sur ces sujets, ses doigts étaient noirs d’encre. Il pensa que demain il reviendrait sur Alger ou sur l’image, les réseaux sociaux, les manifs et les flics

 

samedi 5 décembre 2020

CLAMENCE ET LE REVEIL EUROPEEN


Clamence s’était endormi à son bureau , en fin de nuit comme cela lui arrivait souvent , le visage abimé sur un clavier d’ordinateur, plein de fautes de grammaire et d’orthographe

En se réveillant, il avait entendu à la radio, Biden dire aux européens de se prendre par la main en matière militaire, comme Obama et Trump l’avaient déjà fait , chacun à sa manière.

Adolescent, Clamence avait découvert la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier lors d’un voyage au Luxembourg  avec sa classe et un prof d’histoire-géo dynamique, qui finit comme éléphant au Parti socialiste

Avec ce qu’il croyait être une audace, il avait demandé à Jean Monnet, Président de la Haute autorité de la Communauté Européenne du Charbon et de l’acier, si nous n’allions pas vers un ensemble européen indépendant, il eut pour toute réponse, un sourire condescendant adressé à un enfant qui ne s’attendait pas à cela.

Ceci n’empêcha pas Clamence de devenir un européen convaincu, sans jamais se poser de questions sur la lenteur de la constitution de l’Europe Unie

Au moment de la chute du mur de Berlin, il fut révélé que Jean Monnet et Robert Schumann, « les pères de l’Europe » n’avaient jamais cessé de recevoir de l’argent de la CIA

Clamence ne compris pas et il fallut le Brexit pour qu’il prenne conscience à quel point l’intérêt immédiat de chacun passait devant le long terme pour tous. L’Europe était un club auquel on adhérait sans plus, les USA serait toujours là en cas de grabuge à l'Est et cela nous évita d’avoir un budget militaire plus important

Le combat pour le leadership mondial n’était plus USA-EU contre URSS, mais USA contre la Chine

L’Europe avait à construire une coalition armée spécifique  entre Européens avec un front pacifié vis-à-vis de la Russie qui demeure une force militaire toujours menaçante pour tous ses voisins

Quand Delors refusa la candidature à la Présidence Française en 81, laisser la place pour sa fille pesa moins qu’ écouter sa femme Marie qui était sans illusion sur la capacité de la gauche à transformer la société, Mauroy et Hollande donnèrent raison  à la très discrète Marie Delors qui ne voyait pas son mari faire une autre politique que celle annoncée.

Si en 85, Delors accepta la Présidence de la Commission Européenne, c’était en toute connaissance du plafond de cristal que le néo-capitalisme d'origine américaine, faisait peser sur ses chances de le briser et il s’en contenta comme les partenaires européens s’en contentèrent aussi.

Aujourd’hui Clamence avait fini par comprendre que la nouvelle donne militaire européenne pourrait réduire ses difficultés à freiner le néo-libéralisme en Europe en brisant les paradis fiscaux européens (Luxembourg, Monaco, Lichtenstein, Andorre, Saint Marin, Saint Barth et Saint Martin ) et les arrangements fiscaux de la Hollande et de l’Irlande avec les grands groupes. Les besoins d'argent pour l'Armée Européenne s’imposant.

Prévoir l’ajustement des charges entre les pays européens attendu depuis la création de l’euro en 2002 aiderait aux dépenses militaires et réduirait aussi les inégalités dont Clamence nous parlera un autre jour ou une autre nuit