Clamence l’avait déjà décortiqué plusieurs fois, mais en ces jours de tourments pour le Parti Socialiste, il trouvait utile d’en souligner l’actualité 100 ans après
Que dire à ceux qui rêvaient de prendre sans le dire la place du Parti Communisme, dont l’expérience était morte avec la chute du mur de Berlin.
Ceux qui militaient encore sous le nom du PC, il y avait des intégristes et des nostalgiques inatteignables mais surtout des vieux camarades présents dans l’action irremplaçable du Secours Popu’ mais pas dans l’action politique du XXI° siècle.
Il y avait aussi Mélenchon et ses groupies qui y voyaient un créneau propice à prendre une bonne place d’opposant. L’intelligence et le passé de Mélenchon, apparatchik et sénateur socialiste durant des décennies plaident pour un scénario personnel et sans intérêt pour le parti socialiste à venir
Ecoutons Blum sur l’aventure communiste
« Que la fin révolutionnaire, que l’idéal révolutionnaire, ce soit la prise des pouvoirs publics en elle-même et par elle-même, indépendamment de la transformation sociale dont elle doit devenir le moyen, cela, je le répète, c’est une conception anarchiste.
Car, lorsque vous raisonnez ainsi, quel est le seul résultat positif, certain, que vous avez en vue ?
C’est la destruction de l’appareil gouvernemental actuel.
Lorsque vous vous fixez à vous-même comme but la prise du pouvoir, sans être sûr que cette prise du pouvoir puisse aboutir à la transformation sociale, le seul but positif de votre renfort, c’est la destruction de ce qui est, et que l’on appelle l’appareil gouvernemental bourgeois.
Erreur anarchiste dans son origine et qui, à mon avis, est à la racine de la doctrine communiste »
« Et la représentation proportionnelle, croyez-vous qu’elle ait un autre objet ? »
La seconde citation que Clamence retenait comme une urgence très actuelle, portait sur la Règle Proportionnelle au sein du PS. Elle est traitée sans détour par Blum
« La Règle Proportionnelle – c’est là qu’est son importance capitale – n’était pas faite pour partager la direction entre diverses tendances, car, malgré tout, la loi des majorités existait dans le Parti au point de vue de l’action.
Quand une majorité de congrès ou une majorité de commission administrative permanente avait pris une décision, l’action de tous les membres du Parti était engagée.
L’importance de la Règle Proportionnelle n’était pas une importance politique ; c’était quelque chose de bien plus haut : c’était une importance morale.
La Règle Proportionnelle était le gage matériel de la liberté de pensée. (« Très bien ! » sur certains bancs, applaudissements)
La Règle Proportionnelle n’avait d’autre sens dans notre Parti – par cela même qu’il est de l’essence du socialisme de grouper tous les travailleurs, tous les prolétaires de tout le pays – que, à l’intérieur de la conception centrale du socialisme, toutes les variétés de pensées et d’opinions étaient tolérées.
Chacune de ces opinions, chacune de ces nuances avait sa part, sa juste part, sa libre part, dans l’élaboration de la pensée et de la volonté communes. »
Mieux vaudrait revisiter ces textes, avant qu’on nous les cache sous la confiture jusqu’en 2120 ?



