Clamence voyait son village breton aux prises avec la vidéosurveillance.
Clamence n’était pas prêt d’oublier les dommages à répétition subis par la plaque qui commémore la plantation de l’arbre de la laïcité par la municipalité, l’arbre étant détruit à chaque fois.
Clamence demeurait sidéré devant les détériorations subies par le Mémorial des Fusillés de Port Louis, érigé en souvenir de la barbarie des nazis en déroute en 1945.
Que les auteurs de ces actes ne soient pas encore arrêtés et jugés, cela attristait Clamence, sans lui faire accepter la solution miracle de la vidéosurveillance.
Sur le plan technique, Clamence n’avait aucune honte à se juger incompétent, aussi prenait-il l’avis des spécialistes de la chose dont Alain Bauer aux options de gauche incontestées.
Dans un domaine en mutation technologique permanente, la confusion entre aujourd’hui et demain favorise les positions commerciales peu scrupuleuses. Pour un coût élevé les résultats sont médiocres tout en immobilisant des forces de l’ordre qui seraient plus utiles sur le terrain. Le passage à la vidéosurveillance génère une course à la nouveauté qui peut aller jusqu’aux drones !
Plus grave – Pour Clamence, la vidéosurveillance habitue la population à une pratique qui demain, entre les mains d’illibéraux, pourrait conduire à la recherche des véhicules en stationnement interdit, aux propriétaires de chiens peu scrupuleux de la propreté de l’espace commun et pourquoi pas aux faciès étrangers.
Clamence ne prêtait pas de telles intentions à la municipalité en place, mais la vidéosurveillance risque d’ouvrir la porte à une voie que certains, répressifs par caractère ou par idéologie, voudraient prendre.
Clamence ne refusait pas de dire ce qui lui semble possible et
surtout souhaitable. L’action de terrain des forces de l’ordre habilitées au
renseignement sans « police de citoyen(nes) volontaires »(on n’est pas
aux USA !) est à prioriser d’autant plus que Port-Louis a la chance d’avoir
des lignes de fuite, bien dessinées par la géographie et faciles à couper.
Comme toujours, en période de tension, les moyens des forces de sécurité sont sans cesse à évaluer.
Cependant, le respect des libertés individuelles est déjà assez malmené, sans qu’on en rajoute une couche.
Port-Louis ne doit pas devenir un village de Floride ou des Pays Bas où la sécurité devient une occupation voire une obsession.
Clamence estimait qu’un appel à trouver des activités plus saines est un devoir civique pour chacun, élu ou citoyen lambda.

Video surveillance!
RépondreSupprimerLes malfaiteurs étant cagoules et masqués
Aucune efficacité