Tout au long de sa vie de militant socialiste, Clamence avait navigué entre deux écueils.
Celui du bolchévisme/maoïsme et celui du capitalisme devenu néolibéral, mâtiné de nazisme.
Il avait eu des moments de bonheur, surtout avant que le Parti ne soit aux affaires, il avait eu aussi de longs moments de tristesse, sans que le désespoir ne l’atteigne.
Durant plus de cinquante ans, il avait attendu l’expression d’une pensée pouvant marier les actions de démocratie participative de terrain et les combats à grande échelle des structures représentatives.
Quand Clamence dit actions de terrain, il veut dire que sans sections vivantes, un Parti qui se dit de gauche, est sans objet.
D’autre part, si les sections ne peuvent pas être associées aux combats du Parti à une plus vaste échelle et même si ce Parti se dit de gauche, elles sont inutiles.
Il avait beaucoup écouté, trop ont dit ses proches, pas assez ont dit ses adversaires.
Il était loin d’avoir tout compris et il avait mis beaucoup trop de temps à se rendre compte qu’il n’était pas le seul.
Aujourd’hui, il venait de croiser les écrits d’Erik Olin
Wright (1947/2019), sociologue américain, mort à 67 ans et qui a eu la sagesse de
rédiger un résumé de son œuvre, peu de temps avant de mourir. Clamence savait que ce sociologue allait changer la fin de sa vie
Wright pensait que les livres qu’il avait écrits n’étaient pas assez clairs pour que les générations qui suivraient en fassent bon usage – quel scrupule et quel courage !
Le résultat de travail de vulgarisation était remarquable de clarté et Clamence encourageait à lire «Stratégies anticapitalistes pour le XXI° siècle ! «– Editions La Découverte – octobre 2020
Il allait tenter d’en faire un résumé pour ceux qui n’achetait pas l'ouvrage, en cherchant à trahir le moins possible la pensée de l’auteur.
En route.....
Les militants de gauche ne se doutent pas à quel
point l’anticapitalisme est jugé ridicule par beaucoup.
Les fantastiques innovations technologiques produites par les entreprises capitalistes ont permis aux classes moyennes et mêmes pauvres, d’accéder à des moyens de consommation entre 1968 et 2018, la mortalité infantile a chuté, la Chine en est l’exemple probant depuis qu’elle a adopté le libre marché.
De leurs côtés, les 74 ans de bolchévisme et les 29 ans de maoïsme ont laissé hélas un bilan globalement négatif marqué par d’immenses massacres et un échec économique total.
Cependant, on peut voir le capitalisme autrement.
La marque de fabrique du capitalisme est de produire de la pauvreté au milieu de l’abondance. Elle est produite parmi ceux dont les moyens de subsistance ont été détruits par l’avancée du capitalisme
Où il y a un désaccord de fond, c’est sur la question de savoir s’il est possible d’obtenir la productivité, l’innovation et le dynamisme qui caractérisent le capitalisme sans ces méfaits.
En 1980 Thatcher disait : « Il n’y a pas d’alternative!»
En 2000, le Forum Social Mondial répondait : Un autre Monde est possible!
Quelles sont les raisons de s’opposer au capitalisme ?
(suite du résumé du livre en cours d’écriture)

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